Le pont et l'envie...

Tetracktys sémantique de Pythagore

Absence

Es-tu déjà venue ?
Tu me troubles encore ;
Les mots s'accrochent
Rebondissent et bruissent
Comme ta robe ouverte
Le long de tes cuisses.
Es-tu déjà venue,
Toi ô ! à venir nue ?
 

Chemin

 Je suis suspendu.
Je suis suspendu
A ton image fanée,
Tel ce temps avide
Sur l'oreiller immaculé
Des instants d'éternité.
Oreiller d'un baiser,
Planant sur mes rives
A tes lèvres closes,
Suspendu, je le suis,
Je le suis ...
 

Clairière

Tout était à découvert
Un jour de lune rougi,
C'était peut-être hier
Au jour d'une nuit.
Ton visage a craché
Le pourquoi de mon émoi;
J'ai singé un autre futur
Entre tes maigres doigts,
Et mes folies obscures.
Au jour de cette nuit,
Au jour de cette nuit.
 

Lumière

Dans la noire pénombre
Insoutenable absence,
Mes nuits te charrient,
Telle une comète égarée,
Slalomé les planètes,
Dérouté, plaisance divine
Mes nuits te charrient,
Entre ta marche maligne
Et mon âme mutine..
Les âmes des chars rient
De notre destinée de vie.
 

Elan

Le meltem en ce jour,
Encore tout courroucé,
A fini son ultime course
Dans une falaise abrupte.
Ton visage s'est craquelé
Et je m'endors écorché
Déchu au pied sanglant
Du mur de l'instant.
Ton visage est perdu,
Miettes de mon absolu,
Tes bras enserrent encore,
L'impossible qui erre,
L'impossible qui erre.
 

Mouvement

Sur la blanche écume,
Tes mots doux égarés,
Echappés d'une lagune,
Ce jour, se sont élevés.
Soulevés par des promesses
Ils ont fait des ricochets,
Sur la blanche écume,
De nos heures comptées.
Sur la blanche écume,
Qui déjà s'est effacée,
Tes mots se rendorment,
Promesses qui tuent,
Promesses qui tuent.
 

Présence de l' absence

J'ai senti la douce main
De ton cœur, envelopper
Le cours de mes heures ;
Par delà les océans brumeux
L'espace d'un soupir,
Elle est venue réveiller,
Mon silence de pierre.
Ta douce main des heures,
Qui arrache sur mon corps,
Ces instants de bonheur
Ces divins trésors,
Que tu caches en ton cœur,
Que tu caches en ton cœur.
 

Synthèse 

Je ne sais si en ce soir
Endormi, enclavé,
J'attendrais le rivage blanc
Ou le porche bleu au vent
De ton âme étoilée…
…Et ma peine pleure
Sous le ciel abasourdi,
De ton âme étoilée…
De ton âme étoilée,
Mon monde rejaillira
Au cœur de tes bras
En mon cœur damné,
En mon cœur damné.
 

Mémoire

Poussières d'instants…
Ephémère, là, chèvre
Boulier des heures,
J'attends ton retour…
Métronome de mon désir
Tu es en moi devenue
-synchronisation-
sur le dos
d'une tortue en lyre.
Ô marche mon désir !
Marche…
Musique en toi,
Ta cloche qui sonne
Est-ce l'heure ?
Est-ce l'heure ?
 

Futur

Je suis tout sourire à ta venue
Je suis en vie, je suis à nu,
Je suis de feu et de cendres
Belliqueux, orage des flammes
Le monde encore m'ignorera.
Le monde m'ignorera…
L 'Absolu que tu toucheras
Sera l'oubli de moi enfin,
Ma mémoire m'ignorera,
Et de mon corps jaillira
Ton visage, en mes mains,
Le visage de demain.
Ensemble enfin.
 

VILLEGAGNONS

Erétria (Grèce), août 2003
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